Bulletin bimensuel du Bureau International du Service Jésuite des Réfugiés. Le bulletin comprend des nouvelles sur les réfugiés et des mises à jour de projets envoyées par nos collaborateurs sur le terrain.


  Sud Soudan: une nouvelle nation est née

 
Le drapeau du Sud-Soudan qui a été hissé à la cérémonie de l'indépendance à Juba, la capitale, le 9 juillet 2011 (Johannes Siebner SJ/JRS)

 
«Que votre pays soit un lieu où tous les peuples peuvent vivre en dignité et respect mutuel et puissiez-vous avoir des dirigeants qui soient conduits par l'amour pour leur peuple» a ajouté le père Pflueger.  

Nairobi 11 juillet 2011 – Cela a été une journée historique ce mois-ci, quand le Sud Soudan a été déclaré la nouvelle-née des nations du monde et la 54e  nation d'Afrique, le 9 juillet, après des décennies de guerres et d'oppression.

Des milliers de personnes se sont rassemblées à Juba, la capitale, pour participer à  la célébration. La foule a explosé quand l'orateur, le parlementaire James Wani Igga, a lu la déclaration officielle de l'indépendance.

«Nous, représentants du peuple élus démocratiquement, déclarons que le Sud-Soudan est un Etat indépendant et souverain» a dit Igga avant que l'ancien drapeau ne soit baissé,  le nouveau drapeau du Sud-Soudan hissé, et le nouvel hymne national chanté.

Le Président Salva Kiir Mayardit a prêté serment, promettant que la nouvelle nation vivra en paix avec tous ses voisins, au Nord, à l'Est, à l'Ouest et au Sud.

Le conflit au Sud-Soudan, qui a duré des décennies a causé plus de deux millions de morts, surtout des civils et un nombre incalculable de blessés et de déplacés. La guerre a commencé en 1956 et s'est terminée en 2005 avec seulement 11 ans de paix, presque tout le monde a de mauvais souvenirs de cette période de conflits. Pour cette raison, beaucoup de Sud-Soudanais considèrent le Jour de l'indépendance comme le plus heureux de leur vie.

«Je suis heureux de voir la naissance de la nouvelle nation et espère que l'indépendance apportera des occasions d'emploi et de nouveaux investisseurs dans notre pays» a dit Charles , âgé de 22 ans, de Nimule.

Des défis en vue

Tandis que l'indépendance du Sud est un signe d'espoir, qui marque la fin d'un  des conflits les plus dévastateurs de notre époque, quelques problématiques cruciales ont encore besoin d'être résolues, et d'immenses défis doivent être affrontés.

Le partage des revenus du pétrole, la démarcation des frontières, problèmes de citoyenneté et le statut de la région frontalière d'Abyei et Sud Kordofan où les forces gouvernementales nordiques ont lancé des attaques ces dernières semaines, provoquant le déplacement de centaines de milliers de civils, resteront très probablement des matières controversées  au cours des mois prochains.

Le Sud doit en particulier surmonter la faible capacité de l'Etat et l'insécurité chronique et gérer la transition de l'après-guerre. La classe dirigeante doit poser les fondements d'un  paysage politique plus complet comprenant divers partis, et travailler pour l'unité, étant donnés les 200 groupes ethniques qui se  côtoient dans le Sud. De plus, étant un des 15 derniers pays dans la classification de développement humain de l'ONU, le Sud a aussi beaucoup de route à faire en termes de développement.

«Dans dix ans nous voulons voir l'économie, l'éducation, les soins médicaux et la sécurité améliorés» a dit Charles, exprimant l'espoir de nombreux citoyens de la nouvelle nation.

«Le Président doit donner la priorité au développement des infrastructures et à la promotion du secteur privé», a-t-il ajouté

Les gens doivent maintenant surmonter leur excitation, prendre en mains leurs responsabilités dans le cadre de l'indépendance à laquelle ils sont arrivés », dit Louga Keji, Représentant de la jeunesse, à Nimule où plus de 30.000 personnes se sont assemblées pour la célébration.

De nombreuses manières, le JRS partage les espoirs des Sud Soudanais, les ayant accompagnés à l'aide de projets qui ont fourni éducation, construction de la paix et pastorale, en Ouganda et Sud Soudan, pendant 20 ans.

Dans un message au personnel du Sud-Soudan, le directeur du JRS Afrique Orientale, Frido Pflueger SJ a exprimé son espoir que le nouveau pays surmonte la pauvreté et devienne un endroit où les personnes peuvent vivre en paix.

«Vous vous êtes battus tant d'années pour que ce jour arrive. Que votre pays soit un lieu où  tous les peuples peuvent vivre en dignité et respect mutuel et puissiez-vous avoir des dirigeants qui soient conduits par l'amour pour leur peuple» a ajouté le père Pflueger.



Malte: Les personnes sont plus importantes, dit le JRS

 
La frégate espagnole Almirante Juan de Borbón a secouru les migrants mais les entrées à Lampedusa et Malte lui ont été refusées

 
«Tandis que nous comprenons les légitimes préoccupations des Etats concernant les implications à long terme des débarquements de migrants sur les territoires nationaux, nous croyons que les personnes sont plus importantes. Des tentatives de limiter le nombre d'arrivées ne doivent jamais être au coût de droits humains» dit Père Joseph Cassar SJ, directeur du JRS Malte.  

Valletta, 14 juillet 2011 – Dans une déclaration publiée aujourd'hui, le Service Jésuite des réfugiés de Malte exprime sa grande préoccupation pour la grave situation de 100 hommes, femmes et enfants bloqués à bord de la frégate Almirante Juan de Borbon, dans des conditions de plus en plus mauvaises, et en appelle aux Etats de l'UE concernés pour qu'ils leur permettent de débarquer immédiatement en attendant un accord final sur qui assumera la responsabilité de les prendre en charge.

«Il est totalement inacceptable que des personnes fuyant un pays en conflit se voient refuser l'accès à un lieu sûr et soient laissées plusieurs jours bloquées en mer tandis que les Etats décident  leur sort» dit Père Joseph Cassar SJ, directeur du JRS Malte.

Selon les rapports de presse, les 100 migrants à bord de la frégate espagnole ont été secourus d'un vaisseau en détresse à environ 75 milles de la côte de Libye lundi après que le bateau sur lequel ils voyageaient ait eu des avaries  de moteur. Le vaisseau espagnol  a essayé d'entrer à Lampedusa et Malte pour débarquer les migrants, mais tant l'Italie que Malte ont refusé de les faire entrer, chacun clamant que la responsabilité était de l'autre.

«Tandis que nous comprenons les légitimes préoccupations des Etats concernant les implications à long terme des débarquements de migrants sur les territoires nationaux, nous croyons que les personnes sont plus importantes. Des tentatives de limiter le nombre d'arrivées ne doivent jamais être au coût de droits humains» a-t-il ajouté.

Ce cas, comme d'autres avant lui, souligne le manque de clarté relativement au traitement de migrants irréguliers secourus en mer. Leur situation est ultérieurement compliquée par l'application des règlements de Dublin, qui donnent la responsabilité de la protection des demandeurs d'asile entrant irrégulièrement en UE, à l'Etat dans lequel ils sont entrés d'abord, ce qui rend les Etats réticents à permettre aux demandeurs d'asile potentiels d'entrer sur leur territoire, même temporairement.

En considération de cela, tout en reconnaissant les défis lancés par l'arrivée de grands nombres de migrants irréguliers, le JRS Malte en appelle aux gouvernements de Malte, Italie et Espagne pour qu'ils donnent la priorité à la sécurité des migrants bloqués à bord du Almirante Juan de Bordón en leur permettant de débarquer immédiatement avant qu'une décision finale soit prise relativement à qui doit assumer la responsabilité des migrants débarqués.

L'organisation en appelle aussi aux Etats concernés pour qu il soit permis aux migrants d'accéder à un pays où ils peuvent demander la protection s'ils en ont besoin, en accord avec la législation internationale sur les droits de l'homme.



Etats-Unis: Le projet de loi sur la protection des réfugiés cherche à améliorer la législation sur l'immigration et les réfugiés

 
Le JRS USA et le Church World Service ont commencé, avec un financement du DHS, un programme d'aumônerie dans les huit installations de détention fédérales. Sur la base d'un modèle œcuménique non-prosélyte en portée et pratique, les aumôniers promeuvent le courage, l'espoir et la paix de l'esprit auprès de ceux qui sont en détention (JRS)

 
«Le JRS/USA s'intéresse particulièrement à ce projet de loi à cause de notre expérience en matière de services religieux aux détenus de l'immigration», a encore dit M. Kelly.  

Washington DC, 14 juillet 2011 – Le Service Jésuite des Réfugiés a fait appel au Sénat et à la Chambre des Représentants des Etats-Unis pour qu'ils votent le projet de loi relatif à la protection des réfugiés (H.R.2185 et S.1202). Ce projet de loi vise à remédier à de nombreuses mesures  obsolètes, dans la législation et les politiques des Etats-Unis, à l'égard des demandeurs d'asile,  réfugiés, immigrants vulnérables et apatrides.

Le JRS souligne que, si cette loi est votée,  elle portera remède aux carences de services religieux et conseil pastoral aux détenus. Un des aspects de la législation, parmi les nombreuses réformes nécessaires, est l'exigence que les installations détenant des immigrants, des réfugiés ou des demandeurs d'asile fournissent l'accès complet et équitable aux services religieux pour ces personnes.

Sean Kelly, membre du JRS/USA a expliqué que la législation proposée devrait renforcer la capacité du gouvernement à satisfaire à son obligation à respecter la liberté religieuse et la pratique religieuse des détenus sous sa garde – responsabilité inscrite dans la Constitution des Etats-Unis et le 'Religious Land Use and Institutionalised Persons Act' de l'an 2000.

Présenté par les sénateurs Leahy, Akaka, Durbin et Levin au Sénat et les représentants Lofgren et Coneyers à la Chambre, le projet de loi proposé garantirait que des ONG comme le Service Jésuite des Réfugiés aient un raisonnable accès aux installations de détention pour observer les conditions de vie, offrir un programme d'orientation aux droits juridiques, ainsi que des services de pastorale aux détenus de l'immigration désirant être réconfortés par leur tradition religieuse.

En outre, toutes les installations de détention des Etats-Unis devraient avoir un aumônier qui gère les activités religieuses pour les détenus de toutes les confessions, supervise le conseil pastoral et facilite l'accès aux détenus du clergé extérieur. Les installations devront aussi respecter les exigences alimentaires des détenus.

Le projet de loi propose que des standards soient appliqués pour régulariser le système actuellement  inégal et inadéquat dans lequel seules les personnes détenues dans des prisons de propriété et de gestion fédérales ont un accès garanti à une pastorale appropriée.

«Le JRS/USA s'intéresse particulièrement à ce projet de loi à cause de notre expérience en matière de services religieux aux détenus de l'immigration», a encore dit M. Kelly.

Notre programme d'aumônerie en détention démontre que les aumôniers aident les détenus à supporter la séparation de leur famille, l'instabilité économique due à la détention, et les décisions  légales en suspens. Les aumôniers accompagnent les détenus à travers une période extrêmement difficile dans leur vie» a ajouté M. Kelly.

Une réforme de la détention très nécessaire

L'ICE (US Customs and Immigration Enforcement) contrôle plus de 250 centres de détention dans le pays. L'ICE gère directement quelques installations mais la plupart sont des prisons privées ou locales qui gardent des détenus pour l'ICE à travers un accord. Bien que les lignes directrices de l'ICE relatives aux services religieux aient été développées, elles n'ont jamais été pleinement mises en œuvre ni adéquatement renforcées.

En 2001, le Département of Homeland Security a commencé à financer le JRS /USA et le Church World Service pour répondre aux besoins religieux et spirituels de détenus non citoyens des Etats-Unis dans huit installations de détention fédérales. Se basant sur un modèle non prosélyte, mais œcuménique et dans son objectif et dans sa pratique,  les aumôniers promeuvent le courage, l'espoir, et la paix de l'esprit auprès de ceux qui sont en détention.

La présence du JRS dans d'autres installations de détention – offrant formation et conseil – a enseigné à l'organisation que les détenus dans les plus de cent installations de comtés et urbaines sont trop souvent privés des services pastoraux offerts dans les installations fédérales, malgré les indications opposées des lignes-guide administratives.

Tandis que quelques prisons ont des aumôniers à temps plein qui s'efforcent de répondre aux besoins spirituels des détenus, d'autres prisons n'ont que des aumôniers à temps partiel ou volontaires n'ayant qu'une disponibilité limitée. Pire encore, quelques prisons ont formé un partenariat avec des organisations prosélytes et qui convertissent les détenus plutôt que de répondre aux différents besoins religieux des demandeurs d'asile, des réfugiés et d'autres migrants retenus dans les installations.



Ethiopie: L'aide humanitaire pour les réfugiés en Afrique a besoin d'être accrue

 
Des pays en développement, comme l'Ethiopie, accueillent 80% des réfugiés du monde. Le Centre communautaire du JRS, Addis Ababa (Peter Balleis SJ/JRS)

 
Actuellement, l'Ethiopie accueille environ 200.000 réfugiés des pays voisins, comme la Somalie, l'Erythrée, le Soudan, la région des Grands Lacs et plus loin.  

Addis Ababa, 18 juillet 2011 – Selon le coordinateur de programme de l'administration pour les affaires des réfugiés et des apatrides (ARRA), Mekonnen Shewarega, la nature prolongée du déplacement dans la région et l'accroissement des flux de réfugiés dévorent les ressources financières et matérielles limitées allouées au pays par les pays développés.

Parlant à une manifestation organisée le mois dernier par le Bureau du pays du Service Jésuite des Réfugiés (JRS), en Ethiopie, M.Shewarega a dit que cette carence a affecté la qualité et la quantité de services que les autorités réussissent à fournir aux réfugiés.

Les prix croissants de l'alimentation et de l'hébergement ont ultérieurement aggravé la situation sociale et économique des réfugiés, en particulier dans les zones urbaines. M. Mekonnen a pressé la communauté internationale, en particulier les pays donateurs, d'augmenter  et d'étendre l'aide humanitaire aux réfugiés africains.

« Le monde n'est pas encore un endroit sûr pour des millions de mères et d'enfants fuyant leurs domiciles. Ceci est particulièrement préoccupant pour le JRS opérant  dans la région de l'Afrique Orientale – la région la plus peuplée en termes de réfugiés et de déplacés dans leur propre pays» a dit le directeur du JRS Ethiopie, Seyoum Asfaw, dans son discours de bienvenue à la manifestation organisée pour la Journée Mondiale du Réfugié 2011.

Le JRS célèbre la Journée Mondiale du Réfugié chaque année pour souligner ce qui a été accompli en faveur des réfugiés, ainsi que les défis qu'ils doivent relever à Addis Ababa.

Les pays en développement hébergent la plus grande partie des réfugiés

« Le JRS Ethiopie s'efforce d'accompagner les victimes tout le long de leur chemin – en leur fournissant le soutien, les soins et l'affection qui leur avait été refusés»  a ajouté M.Asfaw.

Actuellement, l'Ethiopie accueille environ 200.000 réfugiés des pays voisins, comme la Somalie, l'Erythrée, le Soudan, la région des Grands Lacs et plus loin.

«Dans un monde où les forces de l'insécurité alimentaire, du changement climatique et des conflits  s'unissent pour pousser les gens à émigrer, ce sont les pays en développement qui en portent  le poids de manière disproportionnée. Ces pays doivent être applaudis et soutenus,» dit Moses Okello, représentant de l'Organisation des Nations Unies pour les réfugiés en Ethiopie.

Le 17 juin, le JRS, en collaboration avec l'Eglise orthodoxe  éthiopienne - Commission de développement et d'aide inter-Eglises  - a organisé une manifestation de sensibilisation sur le thème de l'UNHCR: Un réfugié sans espoir, c'est trop.

Selon Neway Alemayehu, coordinateur et conseiller pour l'éducation du JRS Ethiopie, l'équipe croit que l'espoir est spécialement important pour les réfugiés, dont beaucoup ont vécu dans des zones urbaines pendant des décennies sans avoir la possibilité de rentrer chez eux, de s'intégrer dans leur communauté d'accueil ou d'être réinstallés dans un autre pays.

Plus de 800 réfugiés et leurs enfants se sont rassemblés pour commémorer la Journée. Des autorités gouvernementales, du personnel de l'UNHCR, des ONG et des représentants de groupes de réfugiés ont participé à la manifestation, qui a été amplement rapportée dans la presse nationale et à la télévision.

Au centre communautaire pour réfugiés du JRS, des enfants et des étudiants réfugiés ont chanté des chansons, lu des poèmes et interprété une pièce de théâtre pour les participants.



Thaïlande: Développer une meilleure vie à la frontière

 
Prasong (à droite) montre à U Shwe comment cultiver des citrouilles dans le sol et le climat thaï. Dans les ateliers du JRS, des personnes qui avaient acquis un savoir-faire en jardinage en Birmanie veulent apprendre à cultiver et vendre des légumes dans leur nouvelle patrie. (Oliver White/JRS)

 
Prasong (à droite) montre à U Shwe comment cultiver des citrouilles dans le sol et le climat thaï. Dans les ateliers du JRS, des personnes qui avaient acquis un savoir-faire en jardinage en Birmanie veulent apprendre à cultiver et vendre des légumes dans leur nouvelle patrie. (Oliver White/JRS)  

Mae Sot, 8 juillet 2011 – Des citrouilles pourrissantes, des mélasses de sucre et des asticots flottents dans une boue rouge qui est à la fois âcre et prospère. Etonnamment, ce liquide pourrissant est le secret pour avoir un jardin potager bien réussi. Bien sur, cela et du beau temps!

A Mae Sot, Thaïlande, ville frontalière où des milliers de personnes émigrent de la Birmanie, le travail peut être difficile à trouver, surtout entre la saison des plantations et celle de la récolte, dans les grandes plantations. Donc, entre-temps, un simple jardin potager peut être tout.

Après avoir réévalué les besoins de la communauté, le JRS de Mae Sot, travaillant en collaboration avec le diocèse local, offre de la formation agricole et du matériel de démarrage aux familles vulnérables, de façon à ce qu'elles puissent à la fois se nourrir elles-mêmes et gagner un petit revenu sans dépendre du soutien financier des ONG, chaque mois.

«Dans le passé, s'ils voulaient commencer leur propre jardin potager, ils auraient dû emprunter aux propriétaires de grandes plantations thaï pour acheter des semences et des engrais chimiques. A la fin de la saison ils auraient dû tellement d'argent qu'ils auraient été obligés de leur donner la plus grande partie de la récolte pour rembourser le prêt» dit Jennifer Titmuss, directrice de projet pour le JRS Thaïlande à Mae Sot.

C'est la raison pour laquelle le JRS a décidé de trouver des manières d'aider les gens à produire leurs propres fertilisants et cultiver des légumes adaptés au sol et à l'environnement locaux.

Construire quelque chose de mieux

C'est à une de ces sessions de formation que U Shwe, père Karen de trois enfants et qui travaille le jour en ville, a enlevé le couvercle d'un lot particulièrement puant de ce fertilisant organique qui a été en décomposition pendant six mois. Et si la concoction peut ne pas avoir la même odeur que les ingrédients de l'attrayant jardin potager, ces asticots ont été très utiles en aidant à décomposer des plantes locales devenues fertilisants nourrissants.

U Shwe remue le baril de fertilisant avec un bâton de bambou, content de recommencer son jardin cette année dans un atelier qui sera tenu juste en face de chez lui.

«En vendant le maïs et l'ipomée de la dernière saison, nous avons gagné 2.000 baht (65 dollars US), dit U Shwe, qui dépendait de journées de travail dans le bâtiment comme revenu, quand il les trouvait. Après sa formation, il espère que davantage de ses cultures survivront cette saison, de façon à moins dépendre du travail du bâtiment, car il commence à se sentir trop vieux pour ce genre de travail.

Mais le fertilisant composté n'est qu'un des fruits du projet. On montre aux personnes comment rendre la terre arable avec du fumier de vache, faire un pesticide avec la citronnelle et apprendre à produire du maïs, de l'ipomée et des citrouilles

Jusqu'à l'an dernier, le JRS à Mae Sot, était bloqué dans l'habitude, créant de la dépendance, d'assister financièrement les réfugiés, et de donner de l'aide alimentaire à des groupes locaux de personnes âgées.

Depuis l'année dernière, toutefois, l'équipe JRS Mae Sot a rénové le projet, et apprend à la population à produire des aliments qu'ils peuvent manger eux-mêmes ou vendre. Ils ont aussi aidé les familles à produire de l'élevage, à fabriquer des paniers et créer d'autres petites entreprises basées sur ce qui, selon la communauté, serait une bonne source de revenu ainsi que sur les savoir-faire des familles. En outre, le JRS a aidé une organisation communautaire à mettre sur pied un cours de couture pour ceux et celles qui cherchent un travail de fabrique.

Les parents de Prasong, le formateur agricole du diocèse local, lui ont appris les méthodes de l'agriculture biologique et il est maintenant heureux de partager ses connaissances avec des habitants de la région. Le matin, avec U Shwe et six autres, il a parsemé l'engrais et le pesticide sur le lit du jardin, au cours du premier des trois cours de formation de la journée.

Il y a de plus en plus de personnes qui veulent apprendre  et comprendre comment utiliser le pesticide et l'engrais organiques parce que cela coupe les coûts» dit Prasong « C'est une satisfaction de voir que ces connaissances se répandent chez les gens.»

Un des leaders de l'organisation de la communauté birmane renchérit:

«Ici, les gens auront besoin de plus de formation agricole parce qu'aussi longtemps que la Birmanie n'est pas un pays démocratique, les gens continueront à venir en Thaïlande chaque jour et ils auront besoin de ces compétences dans l'avenir» dit- il, s'asseyant a côté d'un jardin qu'il cultive après sa formation.

Dans la campagne de Mae Sot, de vastes paysages de rizières confirment l'importance de l'agriculture. Mais entre ces grandes cultures, de plus en plus de petits jardins commencent à pointiller le paysage. Et ce sont les jardins qui donnent aux gens davantage qu'un simple revenu. …

«Cette formation n'est pas seulement bonne pour nous, elle est aussi bonne pour notre communauté, utile pour les migrants» dit U Shwe. «Nous avons la compétence. Nous pouvons faire les choses nous-mêmes.»



International: Le JRS publie un livret sur l'advocacy

 
Des réfugiés bhoutanais au Népal pendant les 16 jours d'activités contre la violence sexiste (JRS)

 
Le livret de 36 pages affronte tous les aspects de l'advocacy du JRS, du travail quotidien en faveur d'un ou de plusieurs individus jusqu'aux activités à plus long terme cherchant à changer des politiques nationales, régionales et globales, telles que la participation de l'organisation à des campagnes contre l'utilisation de mines antipersonnel et la détention des réfugiés.  

Rome, 15 juillet 2011 – Le Service Jésuite des Réfugiés a publié un livret montrant comment l'organisation est impliquée dans le renforcement des capacités de personnes déplacées de force, en les assistant à bénéficier de leurs droits.

«Nous voulions préciser clairement ce que l'advocacy signifie pour le JRS, comment elle constitue une partie intégrante de notre mandat, enracinée dans notre proximité aux réfugiés dérivant de notre accompagnement direct et de notre fourniture de services, et basée sur les valeurs jésuites» dit Amaya Valcarcel, Coordinatrice internationale du JRS pour l'advocacy.

Tandis que l'advocacy du JRS fait appel à la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés des Nations Unies, largement reconnue comme étant la pierre angulaire de la protection des réfugiés, l'organisation a adopté la définition plus large de réfugié ‘de facto' pour guider son advocacy et  procurer des services, en incluant les victimes de conflits armés, de politiques économiques erronées ou de catastrophes naturelles, ainsi que les personnes déplacées dans leur propre pays.

« L'advocacy est partie intégrante de la mission du JRS et de nos activités quotidiennes dans le monde. S'attaquer aux causes fondamentales du déplacement humain et se battre pour changer des politiques injustes est fondamental pour le mandat du JRS. L'accompagnement devient advocacy quand un appel est lancé par un membre du personnel JRS au nom d'un réfugié à quelqu'un  de l'extérieure qui peut offrir de l'aide», a continué Mme Valcarcel.

De nombreux exemples

Le livret de 36 pages affronte tous les aspects de l'advocacy du JRS, du travail quotidien en faveur d'un ou de plusieurs individus jusqu'aux activités à plus long terme cherchant à changer des politiques nationales, régionales et globales, telles que la participation de l'organisation à des campagnes contre l'utilisation de mines antipersonnel et  la détention des réfugiés.

Le livret analyse les principales problématiques sur lesquelles se concentre l'advocacy du JRS et fournit des exemples concrets des préoccupations et résultats positifs de cette activité. Les problématiques comprennent: accès à l'éducation de qualité,  sécurité alimentaire, détention, protection et solutions durables, mines antipersonnel et bombes à sous-munitions, violence sexuelle et basée sur le genre, ainsi que paix et réconciliation.

Pour une copie du livret, cliquez ici.



  Dispatches est une publication du Bureau International du JRS. Borgo Santo Spirito 4, 00193 Rome, Italie. Tel : +39-06 68977468 Fax: +39-06 6897 7461 ; Email : dispatches@jrs.net; JRS en ligne : http://www.jrs.net; Responsable de la publication : Peter Balleis SJ ; Rédacteur en chef : James Stapleton ; Traductions : Carles Casals (Espagnol), Nicole Abbeloos (Français), Simonetta Russo (Italien).

[JRS Dispatches Français] N. 303
Editor: James Stapleton